Selon un avant-projet de loi transmis au conseil d'Etat, un seuil a été fixé à 2.034 euros par mois sur l'hypothèse d'un gel des retraites "les plus élevées". Aucun arbitrage n'a pour l'heure été fait, tempère l'exécutif.
Roland Lescure, le 11 septembre 2026, à Paris ( AFP / LOU BENOIST )
Comment faire contribuer les retraités à l'effort de redressement des comptes publics? L'hypothèse d'un gel ou d'une sous-indexation des pensions de retraites fait son chemin dans le débat public, après la présentation des grandes lignes du budget par Matignon.
Le gouvernement réfléchit ainsi à geler les pensions de base, un avant-projet de loi établissant même à 2.034 euros par mois le seuil au dessus duquel les retraités seraient mis à contribution.
En présentant jeudi les grandes lignes du budget, le Premier ministre Sébastien Lecornu a néanmoins laissé au Parlement le soin de trancher les mesures les plus sensibles. "Ce budget est un point de départ", abonde pour sa part le ministre de l'Economie, qui a évoqué à l'antenne de France Inter l'idée d'un seuil autour des 2.000 euros par mois.
Avec 2.000 euros, "on vit correctement"
"Je ne veux en aucun cas dire qu'au-delà de 2.000 euros on est aisé, et qu'en dessous, on est pauvre. C'est un débat qui déplace le problème". Le seuil parait-il cependant pertinent? La mesure consiste à "dire qu'environ la moitié des retraités feront un effort "en n'augmentant pas les pensions autant que l'inflation. On n'est pas dans des baisses de retraite!" , a répondu le ministre. Le locataire de Bercy insiste dans le sens de Sébastien Lecornu, qui a insisté sur le fait "qu'aucune pension ne diminuera" .
Roland Lescure voit ainsi la barre des 2.000 euros comme un symbole de retraites "correctes". "2.000 euros, c'est correct comme retraite. On vit, avec 2.000 euros, correctement" .
Selon Bercy, "ce sont des mesures d'accroche pour le débat parlementaire et les consultations" en cours. "Aucune pension versée ne diminuera. (...) Il ne s’agit pas de stigmatiser les retraités", a affirmé le ministre des Comptes publics, David Amiel, dans La Tribune Dimanche . L'effort budgétaire prévoit aussi un gel des aides personnalisées au logement (APL), selon le ministre Vincent Jeanbrun, tandis que les ressources des collectivités locales progresseront au niveau de l'inflation, a confirmé Sébastien Lecornu dans une lettre au président du Sénat.
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